" Quant à moi, le nom juif que je porte, je ne le tiens pas pour une élection, mais si aucune identité de groupe ne m'a jamais attiré, j'ai bien souvent emprunté celle des autres en m'identifiant à ceux qu'on accusait d'un délit ou d'un crime et que j'ai défendus. Chacun à une histoire qu'il est judicieux, sinon impératif, d'explorer, de comprendre, de critiquer. Mais personne n'est prisonnier d'une identité qu'on lui aurait attribuée, de l'extérieur. Aujourd'hui, il faut être juif, arabe, prolétaire, homosexuel, femme, noir. Empathique et multiple. Savoir d'où l'on vient certes, mais s'interroger, toujours, sur qui l'on est et sur ce que l'on devient. Le cinéma, la littérature, les arts plastiques et vivants ne cessent de troubler tout ce qui paraît figé, définitif et s'attèlent à suggérer que les identités sont flottantes, contextuelles, qu'elles se débattent entre réel et imaginaire, entre volonté et héritages parfois refoulés. A quand une telle attitude en politique ? Juste un peu de doute, moins de présomptions. Car on présume beaucoup. Que sont une famille, un couple sinon des positionnements, des insignes qu'il appartient à chacun de brandir, de revendiquer, de rejeter. Cessons de dire aux autres qui ils sont et n'acceptons pas trop facilement les désignations. Allez, en février, je suis une mère juive lesbienne favorable à la libération des territoires palestiniens. "